Everest
Sébastien Sasseville, alors âgé de 28 ans, est devenu le 25 mai 2008 le premier canadien vivant avec le diabète de type 1 à atteindre le sommet de l’Everest, au sein d’une équipe d’alpinistes originaires de la Colombie-Britannique (Canada). Atteint du diabète de type 1 et insulinodépendant depuis l’âge de 22 ans, Sébastien a ainsi démontré que l’on peut vivre pleinement en composant au mieux avec cette maladie. En accomplissant cette réalisation peu commune, Sébastien souhaitait aussi démontrer à tous les diabétiques, et spécialement aux jeunes diabétiques, que jamais le diabète ne peut constituer un obstacle à une vie parfaitement normale.
Par son expédition au sommet de l’Everest, Sébastien a aussi voulu faire avancer la recherche sur les causes de la maladie et les modalités de son traitement, en s’associant à la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile.
Escaladé par peu de gens, et conquis par encore moins de personnes, le mont Everest fascine par sa majesté. C’est LA montagne, à l’état pur. D’ailleurs, le nom tibétain de la montagne signifierait Mère de l’univers, tandis qu’en ancien sanskrit (qui est la langue des textes religieux hindous) le nom donné à la montagne signifierait Montagne sainte. Et au Népal, l’Everest aurait déjà porté un nom qui signifie Demeure de la Divinité.
L’expédition à laquelle Sébastien a participé a choisi d’aborder la montagne par le versant sud, du côté du Népal, et elle a duré 65 jours. Au menu, comme pour tout alpiniste tentant de réussir l’Everest : crevasses de centaines de mètres de profondeur, des températures atteignant parfois les moins 30 °C, des vents furieux, le manque d’oxygène et, toujours, les difficultés techniques du terrain et de l’ascension.
Ajoutez à cela un diabète insulinodépendant et ses exigences, et vous avez là une idée de l’équation avec laquelle Sébastien a dû travailler pendant 65 jours, en dormant à la dure, couché le plus souvent sur un glacier ou sur un «lit» de neige durcie.
Au retour de son expédition réussie, depuis Katmandou, Sébastien a adressé le courriel suivant à sa famille et ses amis :
Même si chaque centimètre carré de mon corps me rappelle constamment tous les efforts que j’ai dû faire, je n’ai jamais été habité aussi fortement par la joie. Je n’oublierai jamais cette journée, ce matin du 25 mai 2008.
C’est certain que le diabète a rendu l’expédition beaucoup plus difficile, mais je ne pense pas que j’aurais pu atteindre le sommet sans le diabète. Aujourd’hui, je regarde l’Everest et le diabète, et je les considère tous les deux comme une bénédiction. Jamais je ne remettrais ces deux «cadeaux».
Je remercie tous ceux et celles qui m’ont appuyé. Non seulement vous avez cru au rêve, mais vous vous êtes aussi portés volontaires pour me permettre de le réaliser.
Ceux que j’aime m’ont manqué depuis mon départ. Il est maintenant temps de retourner auprès d’eux, à la «maison». Mais après être venu si souvent au Népal au cours des dernières années, ce pays majestueux sent aussi la maison. Sa terre et ses habitants auront toujours une place de choix dans mon cœur et ils vont me manquer énormément.
J’espère que mon histoire inspirera tous ceux et celles qui vivent avec le diabète.
Sébastien